Assemblée nationale : La présidence à un autre parti de la majorité présidentielle ?

Par Dénis Zoungrana • lundi 4 septembre 2017 à 23h46min

Le 8 septembre 2017, le Burkina Faso aura un nouveau président de l’Assemblée nationale, en remplacement de Salifou Diallo, décédé le 19 août dernier. Déjà, les supputations vont bon train. Pour un de nos lecteurs Dénis Zoungrana, tous gagneraient à confier cette tâche à une formation de la majorité présidentielle, autre que le parti au pouvoir.

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Assemblée nationale : La présidence à un autre parti de la majorité présidentielle ?

La compétition pour la désignation d’un nouveau président de l’Assemblée nationale burkinabè est officiellement lancée depuis le 31 août, date de l’ouverture de la session extraordinaire consacrée à une élection pour le moins, extraordinaire.
Evidemment, les chapelles politiques n’ont pas attendu ce top de départ pour se mettre en activité. Il y avait tellement de remous que plusieurs réunions ont dû être organisées au plus haut niveau des instances de direction du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, parti au pouvoir, ndlr), pour lancer un appel à la retenue et à la décence.

En effet, aujourd’hui, la place laissée vacante par le président SalifouDiallo ne doit pas faire l’objet de convoitise, de nature à laisser croire que certains ont secrètement espéré qu’il quitte la scène, pour lui succéder.

La particularité du MPP est d’avoir des courants notoirement connus, qui ont parfois des intérêts divergents, voire antagonistes. Si l’opinion nationale suit de près ces conflits « de famille », c’est tout simplement parce qu’un couac au sein d’un parti présidentiel aura inévitablement des répercussions sur la vie de la nation.

Présentement, et au regard des flots de larmes versées à la suite du « drame » du 19 août et des hommages rendus au défunt président de l’Assemblée nationale, on peut en déduire que c’est, entre autres, son action à la tête du pouvoir législatif qui est saluée. Il s’agit donc de trouver un homme qui pourra préserver la représentation nationale de secousses inutiles.

Pour ce faire, il importe de trouver un homme de conviction qui, sans se dédire, peut faire les compromis qu’il faut, à chaque fois que de besoin. En effet, bon nombre de députés, toutes tendances confondues, disent avoir été surpris par Gorba, quant à sa capacité de dialoguer. « Nous sommes des adversaires politiques, (mais avons tout) nous sommes tous des citoyens d’un même pays », rappelait-il en avril à l’hémicycle.
L’image d’un homme qui écrase tout sur son passage est à considérer comme une carapace construite pour les besoins d’une communication de circonstance.

Pendant la vingtaine de mois qu’a duré son mandat, Salifou Diallo a engagé l’Assemblée nationale dans des réformes audacieuses pour faire de l’institution une véritable représentation du peuple. Du reste, il n’a pas manqué de le rappeler au chef du gouvernement, Paul KabaThiéba, venu présenter le discours sur la situation de la nation : « Nous devons nous coller aux intérêts du peuple. Si notre Assemblée commet des dérives, nous connaitrons un sort pire que celui de nos devanciers.

Le meilleur pour succéder à Salifou Diallo est certainement un homme avec qui le défunt président de l’Assemblée nationale a partagé ses certitudes, ses doutes et ses ambitions ; une personne avec qui il a étroitement travaillé pour répondre à la question « où allons-nous » ? En gros, il faut à l’Assemblée nationale un président qui a une parfaite connaissance des dossiers de la maison, dans la lettre et dans l’esprit.

Les Burkinabè, déjà aux prises avec des problèmes d’extrême gravité comme le terrorisme, sont en droit d’attendre de leurs députés qu’ils ne fassent pas de l’élection de leur président un prétexte pour enclencher une crise institutionnelle. A priori, la majorité présidentielle a les ressources humaines pour rapidement franchir cette étape. L’heure n’est pas aux louvoiements et aux tergiversations. Selon les informations en notre possession, le président du Faso est plutôt de cet avis. Ne serait-ce que pour préserver ses chances de gérer les trois années restant du mandat, le MPP et ses alliés politiques ont intérêt donc à jouer à fond la carte de la discipline.

Bien entendu, ce prêche ne peut valoir que ce dont en feront les oreilles qui l’entendent, les yeux qui le lisent : comme une case de singes, il s’en trouvera toujours des membres de la famille occupés à torpiller les efforts de construction auxquels s’attèlent les autres.

Dénis Zoungrana

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