Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Il n’y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat. Jean-Jacques Rousseau» 

Traitement des données migratoires : Le Burkina à l’école du Ghana et du Sénégal

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Nicole Ouédraogo • mercredi 12 septembre 2018 à 22h20min
Traitement  des données migratoires : Le Burkina à l’école du Ghana et du Sénégal

Disposer d’une meilleure pratique de collecte et de gestion harmonisée des différents systèmes de données migratoires au Burkina Faso. C’est ce qui a prévalu à la tenue d’un atelier de partage d’expériences des bonnes pratiques en matière de collecte et de gestion de données migratoires entre le Sénégal, le Ghana et le Burkina. Organisée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la présente rencontre se tient du 11 au 14 septembre 2018, dans la ville de Tenkodogo.

Il s’agit, à travers cette rencontre, d’ améliorer la coordination entre les parties prenantes impliquées dans la collecte, la gestion ou l’analyse des données migratoires en Afrique de l’Ouest, notamment au Burkina Faso, en s’inspirant des bonnes pratiques mise en œuvre au Sénégal et au Ghana.

En effet, souligne le chargé de la gestion des données migratoires à l’OIM Burkina, Kouhounusse Soura, les sources administratives qui peuvent alimenter les données migratoires au Burkina sont gérées de façon sectorielle. « Nous n’avons pas une vue d’ensemble des différentes données qui peuvent nous permettre de bien mesurer le phénomène de la migration », a-t-il noté, soulignant que jusque-là, le Burkina Faso n’a pas encore réalisé une enquête spécifique sur le flux migratoire.

« On n’a pas les mêmes compréhensions des concepts sur le phénomène de la migration aussi bien dans un ministère A à un ministère B (…). On n’arrive pas avoir les mêmes concepts, les mêmes compréhensions de ce qu’il faut collecter comme information au point qu’on a des difficultés à rassembler les données pour mesurer le phénomène », a soutenu Kouhounusse Soura.

Kouhounusse Soura, chargé de la gestion des données migratoires OIM Burkina

Une autre difficulté relevée dans la collecte des données migratoires, selon Marie Stella Ndiaye, chef du sous-bureau OIM Tenkodogo, est que la plupart des migrations de l’Afrique de l’Ouest en général, se déroulent dans l’irrégularité. « Il n’y a pas de traçabilité comme lorsqu’on a recours à une voie régulière. On a même constaté qu’il y avait des difficultés pour certains d’avoir une pièce d’identification pour passer d’un pays à un autre », confie-t-elle. D’où la nécessité d’une telle rencontre pour affiner les mécanismes de collecte et de traitement de données migratoires en vue de réduire les risques de migrations irrégulières sur le terrain.

Le Centre-Est, une région marquée par le phénomène migratoire

Selon le chef du sous-bureau OIM Tenkodogo, Marie Stella Ndiaye, la région du Centre-Est, notamment la province du Boulgou, fait face à un flux migratoire assez important au point que l’OIM a jugé nécessaire d’y ouvrir un bureau pour mieux comprendre le phénomène et définir des actions pour mieux prendre en charge lesdits déplacements . « C’est la principale zone de départ et de retour des migrants. Il y a une forte communauté burkinabè en Italie, au Canada et en France », a indiqué Marie Stella Ndiaye.

Marie Stella Ndiaye, chef du sous-bureau OIM Tenkodogo

Le gouverneur de la région du Centre-Est, Antoine Ouédraogo, ne dira pas le contraire. Pour lui, le choix de sa région pour abriter cet atelier n’est pas fortuit. Dans la même veine, il confie qu’il existe un flux migratoire très important dû à de nombreux facteurs socio-économiques. Relevant l’absence de données quantitatives fiables, en raison du manque d’outils harmonisés de collecte et de traitement de l’information, Antoine Ouédraogo voit en cette rencontre une opportunité considérable pour renforcer les capacités des acteurs institutionnels et de la société civile impliqués dans la collecte et la gestion de données migratoires dans sa région. Mieux, il y voit un moyen pour réduire les risques de migrations irrégulières des jeunes de sa région.

Notons que cette activité s’inscrit dans le cadre de deux projets qui entendent accompagner les pays à faire face aux questions migratoires. Il s’agit des projets « Protection des migrants vulnérables en Afrique de l’Ouest et du Centre » financé par le Bureau de la population, des réfugiés et des migrations (PRM) du département d’État du gouvernement des États-Unis ; et « Appui à la libre circulation et à la migration » (FMM) financé par la CEDEAO et l’Union européenne. Cette formation fait suite à une première tenue du 2 au 5 juillet 2018 à Koudougou, où des acteurs impliqués dans la gestion des données migratoires ont restitué à leurs collaborateurs les travaux de deux ateliers sur le traitement des données migratoires ayant eu lieu au Nigéria et à Dakar.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Journée internationale de la tolérance : « Il est temps pour les Burkinabè de s’en approprier », selon un groupe de 35 citoyens
Journée africaine de la jeunesse au Burkina : Action jeunesse UEMOA outille les jeunes de la Boucle du Mouhoun
Ouagadougou : Le ministère de la sécurité annonce une formation tactique au Palais des Sports de Ouaga 2000
OUAGADOUGOU : Kémi Seba lance les tribunaux populaires contre la Françafrique
Situation alimentaire et nutritionnelle : Le Comité de prévision analyse les résultats de la campagne agricole qui s’achève
Suivi des programmes de développement : Du matériel informatique pour produire des statistiques de qualité
Ministère de l’Agriculture : Du matériel roulant pour les directions régionales
Le Maouloud sera célébré dans la nuit du 19 au 20 novembre 2018
Education : Le ministère de l’Education nationale et ses partenaires privés accordent leurs violons
Appui à l’éducation au Yatenga : Des salles de classes et du matériel offerts par Educo
Journées commerciales des produits bio-équitables de la Plateforme Nationale du Commerce Équitable du Burkina Faso (PNCE-B)
Augmentation du prix du carburant : Deux Organisations de la société civile appellent à la mobilisation et l’unité dans la lutte
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés