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Agriculture de conservation au Burkina : Des chercheurs réfléchissent à des stratégies pour promouvoir son adoption

Accueil > Actualités > Environnement • • jeudi 27 septembre 2018 à 12h30min
Agriculture de conservation au Burkina : Des chercheurs réfléchissent à des stratégies pour promouvoir son adoption

L’Université Nazi-Boni (UNB) organise, du 25 au 28 septembre 2018 à Bobo-Dioulasso, un séminaire national sur l’agriculture de conservation au profit des acteurs du monde agricole. Placée sous le thème « Capitalisation des résultats scientifiques sur l’agriculture de conservation au Burkina Faso », cette rencontre a pour objectif principal de capitaliser les connaissances produites sur l’agriculture de conservation à l’échelle du pays. La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le premier vice-président de l’UNB, Pr Théodore Marie Yve Tapsoba, représentant son président.

Ce séminaire national se tient sous l’égide de l’Université Nazi-Boni (UNB), à travers un projet financé par le Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID). Prennent part à cette rencontre, des agronomes, des spécialistes de systèmes de culture, des spécialistes de la science du sol, des sociologues, des socio-économistes, des étudiants en master et en thèse.

Quatre jours durant, ces chercheurs et futurs chercheurs de disciplines et d’horizons divers vont partager leurs expériences et leurs expertises, mais aussi mener une réflexion commune sur l’agriculture de conservation. Selon le Pr Bismarck Hassan Nacro, enseignant-chercheur à l’UNB, l’agriculture de conservation est une nouvelle approche qui permet de résoudre les problèmes de dégradation des sols et d’améliorer la productivité agricole. « Cette approche permet de repousser les frontières de l’insécurité alimentaire », a-t-il laissé entendre.

Le Burkina Faso est un pays essentiellement agricole. En effet, 80% de la population travaille dans le secteur de l’agriculture. Mais ce secteur fait face à de nombreuses difficultés tant naturelles qu’anthropiques. Parmi celles-ci, on peut citer la dégradation des terres. À en croire le Pr Nacro, les sols des pays sahéliens en général, et ceux du Burkina Faso en particulier, sont caractérisés par leur faible fertilité intrinsèque, leur faible teneur en matière organique et en argile, leur faible capacité d’échange cationique.

C’est pourquoi il a affirmé que la baisse de la fertilité des sols constitue la contrainte majeure à l’amélioration et à la production agricole au Burkina Faso. Pour lui, le faible pouvoir des populations limite malheureusement le recours aux engrais chimiques. De ce fait, le recours à de nouveaux systèmes de culture afin de soutenir durablement la production agricole s’impose. C’est à ce titre que l’agriculture de conservation se présente comme une alternative pour relever le défi de production et de gestion durable des terres agricoles, au vu de ses nombreuses potentialités.

« L’agriculture de conservation est une méthode qui permet de pratiquer l’agriculture tout en conservant la ressource sol. Ce système de conservation va reposer sur trois principes. Premièrement, il s’agit du travail minimal du sol qui consiste à réduire le laboure du sol en faisant un travail minimal. Deuxièmement, c’est la couverture permanente du sol. À l’issue des récoltes, nous allons utiliser les résidus de culture ou la paille pour recouvrir le sol, c’est-à-dire faire un paillage pour protéger le sol contre les rayonnements solaires mais aussi contre l’effet du vent qui dégrade le sol. Le troisième principe, c’est le principe de la rotation de l’association culturale. C’est une pratique ancestrale qui consiste à faire de la céréale cette année et l’année prochaine faire du légumineux, de l’arachide ou du niébé afin d’améliorer la fertilité du sol », a expliqué le Pr Nacro.

Par ailleurs, des études ont été menées sur cette approche au Burkina Faso, notamment sur son adoption. En dépit des efforts qui sont faits tant par les structures de recherche que les projets et les ONG, on constate un faible taux d’adoption de l’agriculture de conservation. C’est pourquoi l’équipe du projet s’est engagée depuis plusieurs années à étudier, de façon fine, l’agriculture de conservation afin d’identifier les leviers et les freins de cette approche.

C’est dans cette perspective que ce séminaire est initié afin de réunir des chercheurs de disciplines et d’horizons divers pour partager leurs expériences et leurs expertises pour qu’ensemble, ils puissent mener une réflexion commune sur l’agriculture de conservation. « Il nous est paru important, à ce stade, que l’on puisse se réunir pour faire le point des résultats que nous avons obtenus et réfléchir sur les raisons sur lesquelles les taux d’adoption sont encore faibles et envisager les solutions pour que le taux d’adoption soit plus important », a-t-il souligné.

Les travaux se dérouleront en deux étapes. La première étape va consister en la présentation des résultats sur les performances technico-économiques de l’agriculture de conservation dans les conditions agro-écologiques du Burkina Faso à travers une dizaine de communications. La deuxième étape sera consacrée à l’élaboration d’un document national et du guide sur l’agriculture de conservation afin de pouvoir sauvegarder le sol. Pour le Pr Théodore Marie Yve Tapsoba, premier vice-président de l’UNB, le secteur agricole occupe une place prépondérante dans le développement socio-économique du Burkina Faso.

C’est pourquoi il estime qu’il est important que cette agriculture se développe et se modernise à travers de nouvelles approches. Toutefois, il a apprécié la tenue de ce séminaire qui, selon lui, permettra aux participants de mener une réflexion commune sur l’agriculture de conservation. « Car c’est une méthode qui a pour but une amélioration soutenue de la productivité, une augmentation des profits ainsi que la sécurité alimentaire, tout en préservant et en améliorant les ressources et l’environnement », justifie-t-il.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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