Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Il faut façonner l’argile pendant qu’elle est molle.» Proverbes zoulou

Les difficultés récurrentes de fonctionnement du système judiciaire burkinabè : Les propositions de Me Paul KERE, Avocat (1ère Partie : La chaîne pénale).

Accueil > Actualités > Opinions • Une tribune de Me Paul KERE • mardi 8 janvier 2019 à 12h46min
Les difficultés récurrentes de fonctionnement du système judiciaire burkinabè : Les propositions de Me Paul KERE, Avocat (1ère Partie : La chaîne pénale).

Sans aucune flagornerie, il n’est pas exagéré de consacrer, honnêtement, et en premier lieu « in limine logos » cet article aux magistrats burkinabè qu’ils soient en provinces ou dans les grande villes comme Ouaga et Bobo, qui travaillent d’arrache-pied, dans des conditions difficiles tant en ce qui concerne leurs conditions matérielles (infrastructures, cadre de travail, emploi de temps, nombres de dossiers) que de l’aisance spirituelle et intellectuelle dans laquelle ces Magistrats devront se trouver pour accomplir simplement leurs missions.

Pour illustrer concrètement ces insuffisances d’infrastructures, certains justiciables ont pu constater par eux-mêmes que les substituts du Procureur du Faso sont deux, trois et parfois quatre (lorsqu’ils reçoivent des magistrats stagiaires) dans un seul bureau confiné et surtout, les juges d’instruction sont placés dans le même bureau que leur greffier sans aucun minimum de confort matériel et de respect de la confidentialité minimale en matière d’instruction.

Si ce ne sont pas des feuilles de ramettes qui manquent, c’est la climatisation qui est défectueuse par une température suffocante et intenable même au mois de décembre.

Par ailleurs, il n’y a aucune toilette digne de ce nom ni dans les couloirs du Palais de Justice de Ouaga, ni dans les bureaux des juges d’instruction. Le seul bureau du Doyen qui en dispose ne comporte même pas de chasse d’eau. Chaque jour, ce sont des femmes de ménage qui déposent des sceaux d’eau pour permettre le fonctionnement désastreux de l’un de ces rares lieux de soulagement…c’est vraiment regrettable en comparaison des bureaux de leurs collègues Magistrats ivoiriens…que je viens de constater lors de mon précédent passage pour un dossier d’agrément douanier.

Rien que ça, et la description est faible et minorée, car le matériel informatique n’est pas non plus au top niveau sans compter les délestages qui viennent interrompre violemment les instructions alors que le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou ne dispose pas d’un groupe relais n’en parlons pas des autres juridictions. Vraiment, « Ya gnandé ! ». Traduction : C’est honteux pour le justiciable burkinabè !

S’agissant de l’égalité entre les autorités de poursuite et la défense (mise à part, l’enquête préliminaire) il n’a pas de délivrance possible ni rapide de copies des procès-verbaux de la procédure pénale aux avocats pour leur permettre de diligenter promptement les actes judiciaires. Dans ces conditions, comment voulez-vous que les magistrats, leurs greffiers, leurs secrétaires et les avocats puissent être efficaces, efficients et diligents dans l’administration de la justice pénale ?

Ou encore comment voulez-vous que certaines décisions judiciaires que ces magistrats sont amenés à prendre ne soient pas empreintes de ces mauvaises conditions de travail ? Il semble que récemment, 9 milliards de francs CFA résultant d’une coopération avec un pays européen ami aient été consacrés à la rénovation informatique de ladite chaîne pénale.

On attend donc de voir comment seront améliorées « in concreto » les conditions existentielles de travail de nos braves Magistrats burkinabè. C’est pourquoi, lorsque des magistrats et greffiers français me parlent de leur manque de moyens, cela me fait gentiment sourire et je n’ose même pas leur parler des conditions existentielles de leurs homologues burkinabè. Si comparaison n’est pas raison, les conditions de travail des Magistrats ivoiriens sont nettement plus avantageuses qu’au Burkina Faso alors qu’on peut améliorer ces conditions de travail sans grands moyens financiers.

Hélas, tel n’est pas actuellement le cas où la moindre rénovation des locaux judiciaires n’est pas envisagée depuis une vingtaine, voir plus d’années. La critique ne s’adresse donc pas seulement aux autorités actuelles qui n’ont fait guère mieux…Il est écœurant de constater que la justice burkinabè est le parent pauvre des institutions nationales et, dès lors, le dire relève d’un acte citoyen responsable !

Par conséquent, le justiciable burkinabè ne devrait même pas s’étonner du mauvais fonctionnement de la justice au Burkina. Tous ceux qui, de mauvaise foi comme d’habitude et dans leur lâcheté dont ils n’ont plus honte, élèveront des critiques à l’égard de cet article en le considérant comme une quelconque diatribe vis-à-vis des autorités politiques, ignorent superbement les souffrances silencieuses des magistrats, cachés qu’ils sont, derrière leurs obligations de réserve.

C’est pourquoi, l’amélioration du fonctionnement de la justice incombe également aux avocats qui doivent contribuer à la fluidité des procédures en évitant les multiples demandes de renvoi qui contribuent à gonfler le « passif judiciaire ». Il faut entendre par cette notion, non seulement les jugements et arrêts en retard de rédaction, mais la charge impressionnante des procédures en cours. L’appel d’une décision est souvent considéré comme une « voie de garage » car dans certains dossiers, au moment où la Cour d’Appel est appelée à statuer, certaines infractions sont prescrites alors que la personne détenue est toujours en prison. Il faut que cela cesse de par l’effort de tous les acteurs judiciaires et j’en suis convaincu que tous ces acteurs judiciaires partageront cet avis.

Mais malheureusement, comme chacun le sait dans cette « savane haineuse du Faso », plus certains burkinabè vous aiment, plus c’est très inquiétant parce que cela voudrait dire que vous allez dans le sens de la médiocrité ambiante. Il semble même que si l’on émet des critiques constructives pour améliorer le fonctionnement d’une institution, certains esprits mesquins et minables le considèrent comme une attaque du pouvoir en place ! Comprenne qui pourra ! Et d’ailleurs est-il interdit de critiquer les autorités actuelles avec toutes les misères sécuritaires, sociales, économiques et politiques actuelles que l’on constate ?

Eh bien tant pis, je suggère que chaque burkinabè, dans son domaine de prédilection fasse des critiques constructives idoines et ne reste pas dans une forme de léthargie irresponsable afin d’espérer de chimériques avancements dans les conditions de fonctionnement de notre justice car la justice burkinabè sera toujours à l’image des conditions que les autorités politiques mettront au profit des acteurs qui animent notre justice.

Bien évidemment, ces conditions lamentables et austères de fonctionnement de la chaîne pénale a, nécessairement, des répercussions immédiates sur le quotidien des procédures, l’administration de la justice pénale aux justiciables, dont les plus saillants (sans être exhaustifs) sont les suivants :

1. Lorsqu’un justiciable relève appel d’une ordonnance de refus de mise en liberté d’un juge d’instruction ou lorsque le parquet relève appel d’une ordonnance favorable de mise en liberté d’un détenu par le Juge d’instruction, la procédure se déroule désormais devant la Chambre d’accusation qui est la juridiction de contrôle des juges d’instruction. Initialement, le Parquet du Procureur de la République devait élaborer un rapport qui doit accompagner le dossier jusque devant la Chambre d’Accusation. Et tant que ce rapport n’est pas rédigé, le dossier peut faire plusieurs mois sans qu’aucun rapport ne soit diligenté par le Parquet, de sorte que sans aucun envoi du dossier au greffe de la Chambre d’instruction (qui dispose de 15 jours à compter de l’arrivée dudit dossier à son greffe pour faire « audiencer » le dossier au fond), la personne détenue reste toujours en détention provisoire quelle que soit l’importance de son activité professionnelle. Et pourtant nous sommes en matière de liberté.

C’est pourquoi, dans la pratique les justiciables, via leurs avocats préfèrent ne pas relever appel de ces ordonnances, quitte à réintroduire une nouvelle requête devant le magistrat instructeur pour se heurter, le plus souvent, au mêmes obstacles, alors que la Chambre d’Accusation devrait jouer naturellement son rôle de contrôle des actes du magistrat instructeur . Fort heureusement la rédaction de ce fameux rapport du parquet est désormais dispensée de sorte que les dossiers devraient immédiatement être transmis au greffe de la Chambre d’Accusation dans les meilleurs délais. La Chambre d’Accusation pourra désormais jouer son rôle…régalien de contrôleur de l’action du Juge d’Instruction qui ne saurait être omnipotent.

Ce qui permettra d’ailleurs aux parquetiers de vaquer utilement à d’autres occupations beaucoup plus importantes. Malheureusement, ce n’est pas pour autant que les difficultés pratiques ont cessé puisque les Substituts et Madame le Procureur elle-même croupissent sous des piles de dossiers inimaginables et humainement envisageables par une capacité humaine de Magistrat.

Cependant, cette léthargie structurelle doit-elle être préjudiciable au justiciable ? C’est la raison pour laquelle il peut être proposée dans le cadre de la nouvelle réforme que si après une décision du Juge d’instruction, au bout de 10 jours, le dossier n’est pas transmis par le Parquet au greffe de la Chambre d’Accusation que la personne inculpée, quelle que soit la gravité de l’incrimination, soit remise en liberté provisoire d’office sur saisine par voie de requête à la Chambre d’Accusation qui statue dans un délai d’une semaine, car faut-il le rappeler utilement, nous sommes quand même en matière de liberté et pas de vente de cacahuètes ou d’un fonds de commerce.

Rien ne vaut la liberté ! C’est pourquoi les juges d’instruction devront se montrer davantage vigilants sur les conditions d’appréciation des conditions de la détention provisoire, la liberté étant le principe et la détention l’exception en application des dispositions de l’article 136 du Code de Procédure Pénale « Art. 136. La détention préventive est une mesure exceptionnelle… »

2. Sur l’appréciation des conditions de placement en détention provisoire. C’est vraiment dans ce domaine que les juges d’instruction, de connivence avec les magistrats du Parquet doivent faire preuve d’invention et d’imagination débordantes en dépit de leurs conditions difficiles de travail, pour ne pas aggraver substantiellement la situation. En effet, la « …détention provisoire est une mesure de privation de liberté consistant au placement en détention d’une personne inculpée en attente d’être jugée dans le cadre d’une procédure déterminée.. ».

La détention provisoire doit toujours être prononcée à titre exceptionnel (Art. 136 précité). Malheureusement, cette exception semble devenir, dans la pratique, un principe. Les objectifs de la détention provisoire sont énoncés par les dispositions des articles 136 à 150 du Code de Procédure Pénale burkinabè et 144 du Code de

Procédure Pénale français en ces termes :
« 1° Conserver les preuves ou les indices matériels qui sont nécessaires à la manifestation de la vérité ;
2° Empêcher une pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille ;
3° Empêcher une concertation frauduleuse entre la personne mise en examen et ses coauteurs ou complices ;
4° Protéger la personne mise en examen ;
5° Garantir le maintien de la personne mise en examen à la disposition de la justice ;
6° Mettre fin à l’infraction ou prévenir son renouvellement ;
7° Mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public provoqué par la gravité de l’infraction, les circonstances de sa commission ou l’importance du préjudice qu’elle a causé.
En rappel, les différents codes burkinabè et français précisent clairement que « Ce trouble ne peut résulter du seul retentissement médiatique de l’affaire… »
Comme on peut le constater à la lecture de ces dispositions d’ordre public, la détention provisoire ne peut et ne doit être prononcée que lorsqu’elle constitue vraiment, l’unique moyen de parvenir à l’un ou plusieurs de ces objectifs précités.

Or, dans la pratique, la détention provisoire semble être devenue le principe alors même que les conditions de détention, notamment à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou et, certainement, dans les autres provinces sont exécrables et inhumaines.

Dans le cadre de la défense d’une politique criminelle efficiente, outre la construction de lieux de détention propres à sauvegarder la dignité humaine et toute la politique de réinsertion, il convient de s’engager dans cette voie, en concertation étroite, sans aucune distinction ou discrimination avec les Magistrats et/ou leurs syndicats. La justice ne doit pas être une politique conjoncturelle, mais structurelle. C’est lors de l’incarcération de certaines personnalités politiques qu’ils ont découvert avec stupéfaction et par l’opération du Saint-Esprit, les conditions de détention à la MACO que les avocats pénalistes côtoient depuis plusieurs années. La justice est l’affaire de tous et nous devons contribuer à l’humaniser et à la magnifier.

Certes, si la prison n’est pas un lieu de villégiature, ou de vacances au « club Med » ceux qui s’y trouvent ne doivent pas non plus être privés de leur dignité et de leur humanité en plus de leur liberté, quelle que soit d’ailleurs la gravité de leur crime. Nous n’avons pas le droit d’être plus abominable et plus inhumain que le criminel, mais garder, à la fois notre humanité et notre humanisme…dans le respect de la loi. On peut appliquer rigoureusement la loi en restant humaniste car aucune loi au Burkina Faso n’est inhumaine depuis la suppression de la peine de mort.

Au-delà de ces exigences minimales, qui sont loin d’un prêche dans le désert, c’est le placement en détention provisoire de certaines forces vives et économiques de la Nation qui aggravent encore substantiellement les difficultés économiques du pays et, par voie de conséquence la perception que les justiciables ont de leur justice…

En effet, chaque burkinabè capable de comprendre la chose judiciaire se souvient des conditions dans lesquelles, certains opérateurs économiques ont été placés en détention provisoire. Certes, personne n’est au-dessus de la loi. Mais certaines autorités politiques actuelles qui clament ce principe le respectent-elles ? Comme on le sait, « les donneurs de leçons sont ceux-là même qui les appliquent le moins… ».

Quoi qu’il en soit, autant que faire se peut, compte tenu de ce que la détention provisoire est une mesure exceptionnelle et non le principe, le Magistrat Instructeur devrait appliquer les dispositions sur la détention provisoire avec parcimonie, notamment, en tenant compte de la garantie de représentation qu’offrent certains opérateurs économiques. C’est en continuant à participer activement à l’essor économique de leur pays par ces opérateurs économiques que les parties civiles éventuelles seront équitablement indemnisées à la hauteur de leurs justes préjudices.

C’est en opérant un équilibre judicieux entre l’exigence d’une justice équitable, (égale pour tous) et la sauvegarde d’un tissu économique indispensable, que notre justice gagnerait en honorabilité, ce qu’elle ne perd pas forcément en efficacité.

Et enfin, pour paraphraser GEORGES BERNARD SHAW, « maintenant que nous avons appris à voler dans les airs comme les oiseaux et plonger dans les mers comme les poissons, il ne nous reste plus qu’à apprendre à vivre sur terre comme des êtres humains… ».

Paul KERE
Docteur en Droit de l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne
Avocat aux Barreaux du Burkina et de Nancy

Vos commentaires

  • Le 8 janvier à 13:20, par armel En réponse à : Les difficultés récurrentes de fonctionnement du système judiciaire burkinabè : Les propositions de Me Paul KERE, Avocat (1ère Partie : La chaîne pénale).

    Mr Paul, quant est ce que vous prendrez conscience que le peuple na pas besoin de votre fausse science ? Une science sans conscience ne sert à rien. Vous êtes un juriste dont la prétendu connaissance ne sert qu aux succeurs du sang du peuple. il est vrai que comme aucun responsable sérieux ne vous confie un dossier, vous avez le temps pour nous pondre des salades, mais tout de même. Arrêtez parce que le pays n à pas besoin de votre fausse science

    Répondre à ce message

  • Le 8 janvier à 15:38, par Toto En réponse à : Les difficultés récurrentes de fonctionnement du système judiciaire burkinabè : Les propositions de Me Paul KERE, Avocat (1ère Partie : La chaîne pénale).

    Quelle habileté !!!
    Vous cherchez à gagner la sympathie des magistrats. MAIS POUR QUELLES FINS ?? Il suffit de considérer votre combat depuis quelques années pour se convaincre que l’amélioration des conditions de travail des magistrats n’est qu’un prétexte. Même moi Toto, je peux démontrer l’incohérence de vos idées. Mais si je le fais, j’aurai tout de suite tous les magistrats sur le dos, car j’aurais touché à une fibre sensible que je n’ose pas qualifier. Et ce serait un point de marqué par Maître KERE pour son objectif inavoué. Donc je ne dis rien. Heureusement, les magistrats dont la cause n’est qu’un prétexte ne sont pas un "troupeau parqué pour l’enfer" que "la mort" (Maître KERE) mène paître. Vigilance !
    Mon ami KERE, ne vous fatiguez pas pour démontrer que je suis idiot ; je le sais déjà. Voilà pourquoi je m’appelle Toto.

    Répondre à ce message

  • Le 8 janvier à 17:38, par Ultima R2 En réponse à : Les difficultés récurrentes de fonctionnement du système judiciaire burkinabè : Les propositions de Me Paul KERE, Avocat (1ère Partie : La chaîne pénale).

    Cher Kéré,
    Je me permet de vous envoyer cette missive, suite à votre post du 5 janvier en réponse à « visite surprise du président Kaboré à Yirgou, théâtre d’attaques" sur le Faso.net.

    Je vous lit souvent et trouve pertinent certaine de vos post, même si je ne partage pas totalement vos opinions sur certains sujets, et en particulier sur la question de la réconciliation nationale, que vous faites revenir à chaque occasion. Vous avez eu même la lumineuse idée de l’exhiber EN GRAS à ttravers votre post, comme la seule et unique solution à la stabilité de notre patrie. Je vous cite :

    « D’une part, tant que le Président du Faso et ses conseillers occultes ou avérés n’auront pas compris qu’il n’y a qu’une SEULE solution à savoir la Réconciliation Nationale ICI et MAINTENANT sans AUCUNE condition »

    Mr Kéré, en tant qu’un citoyen burkinabé lamda, je me demande comment vous en tant que Citoyen indigné du Faso, vous vous acharnez à vouloir imposer la « réconciliation nationale » comme unique piste de sortie de crises, et sans condition, ici, et même maintenant ?

    Tout de même curieux de la part d’un avocat, qui est aussi censé défendre les orphélins et les veuves que le règne de l’ODPMT au CDP à occasionné pendant plus de 30 années.

    Ceux que vous defendez et exigez leur retour ont peut être plus de moyens que les victimes, cependant n’ont -ils pas une part de responsabilité dans les évènements qui ont occasionné l’insurrection et le départ du Chef ? Aujourd’hui, vous êtes en train de combattre vos amis d’hier, qui ont su profiter de la naïvété du peuple pour retourner leur vestes avant le dernier virage.

    Vos écrits transpirent parfois la haine et la rancoeur, un peu comme un colporteur de malheur qui se rejouirait de voir brûler son pays à défaut d’avoir raison. Je m’en vous le demontrer à travers mon interpretation et ma réaction à travers vos écrits.

    Vous :
    « ...On ne peut donc pas se contenter à ce stade de demander aux kogl-wéogo de faire pardon, mais de situer les responsabilités ne serait que pour la vertu pédagogique du vivre ensemble...et tout le reste... »

    Moi : Je susi totalement d’accord avec vous. Je dirais même qu’il faudra des sanctions sévères et des reparations pour ôter toute envie de recommencer de tels actes.

    Vous :
    « Voici de manière patriotique ce que m’inspire ce génocide que les autorités politiques actuelles de notre pays auraient pu éviter au lieu de faire le "Médecin après la mort"...D’une part, tant que le Président du Faso et ses conseillers occultes ou avérés n’auront pas compris qu’il n’y a qu’une SEULE solution à savoir la Réconciliation Nationale ICI et MAINTENANT sans AUCUNE condition

    Moi :
    Hôla Mr Kéré ! De manière patriotique vous m’inspirez soit une myopie qui vous empêche de faire une analyse pertinente de la situation post insurrection, soit une grosse connerie de la part d’un avocat qui pense que c’est la charrue qui doit tirer le boeuf (à moins que vous ayez une idée lumineuse d’y installer un petit moteur). La logique ne voudra t-elle pas que la Justice soit le pilier qui favorisera, les réparations avant la réconciliation ?. Bref. Pourquoi face à un massacre à connotation ethnique et enrober de terrorismes vous posez comme « SEULE » solution au rétour au calme, « la réconciliation nationanle », avec le retour des exilé politiques de la dernière insurrection ?
    Vous faite un amalgame et créez la confusion, tout en tentant de recuperer le drame pour plaider votre cause, et par délà culpabiliser vos amis d’hier, déployant un vocabulaire macabre à l’occasion.
    Pourquoi voulez vous avec le CODER nous vendre ou nous imposer un remède pour une maladie qui était encore étrangère voir inexistante avant le massacre de Yirgou ?

    Dans la logique de Hercule Poirot, je pourrais faire cette petite reflexion. « A défaut de pourvoir vendre mon rémède, et si je créais la maladie ? » Les évèneents de Yirgou sont une plaie qui débute dans la conscience collective. Pour ma part, la seule solution pour empêcher une infection, c’est de remettre la justice au coeur des institutions de l’état, afin de punir tous les fautif pour préserver l’unité. Après, on pourra parler de réconciliation entre amis, familles, institutions, etc.

    Vous :
    « J’ai une grande crainte que cette spirale de la violence aveugle à travers cette guerre asymétrique qui est imposée à notre peuple continuera de le décimer pitoyablement. Exemple : le procès du coup de force de certains militaires du RSP a fait 14 morts. Les suppliciés de Yigou Foulbé sont au nombre de 46 officiellement. Y a pas photo, sans compter le nombre de victimes qui dépasse le chiffre de 200 depuis que le Mpp est au pouvoir. »

    Moi :
    Pourquoi ce décompte macabre, faisant encore l’amalgame entre des victime d’un conflit ethnique, et des victimes d’un coup d’état ? Est ce une stratagie pour dire que , « voyez, il y a pire que mes amis et clients que je defend ». Un peu comme tout doit aller du mal au pire pour vous permettre d’avoir des arguments, de la visibilité ou des alibi pour vendre votre « réconciliation nationale » à tout prix.

    Vous :
    En conclusion, à quand CETTE RECONCILIATION NATIONALE AVEC LERETOUR DE TOUS LES EXILES POLITIQUES QUI NE SE SONT JAMAIS EXILES TOUS SEULS ? Paul KERE, Citoyen indigné du Faso.

    Moi  : Je reformulerai votre question comme ceci : à quand CETTE EXTRADITION VERS LE BURKINA DE TOUS LES EXILES POLITIQUES QUI NE SE SONT JAMAIS EXILES TOUS SEULS, MAIS POUR ECHAPPER A LA JUSTICE DU PAYS DES HOMMES INTEGRES ? .

    Voici en bonus le resumé de votre vocabulaire :
    « spirale de la violence aveugle à travers cette guerre asymétrique.... » « continuera de le décimer pitoyablement ». « RSP a fait 14 morts ...Yigou Foulbé sont au nombre de 46 ...Victimes qui dépasse le chiffre de 200 depuis que le Mpp est au pouvoir. » « Génocide, génocide ...d’un constat affligeant,...le carnage ...Le génocide des peulh,..Problème...Terrorisme,...assassinats sauvagement ..GRAVITE...regretter profondément...impactera durablement le Faso...dépouille mortelle....Concitoyens assassinés...Terroristes ...Sauvagement abattus ...en pseudo représailles par les kolgl-wéogo ...vengeance aveugle

    Ultima R2, Citoyen Lambda du Burkina Faso

    Répondre à ce message

  • Le 8 janvier à 17:55, par Mafoi En réponse à : Les difficultés récurrentes de fonctionnement du système judiciaire burkinabè : Les propositions de Me Paul KERE, Avocat (1ère Partie : La chaîne pénale).

    C’est ce qu’on appelle avoir une mémoire très sélective mais venant d’un avocat pourri,rien d’étonnant.Quel Burkinabè peut dire en toute franchise que quelque chose marche dans ce pays depuis maintenant 30 ans ?Personne et concernant la justice,ses difficultés ne datent pas d’aujourd’hui puisqu’elle était taillée sur mesure pour les petits voleurs de poulets et c’est pour cette raison que cet extraterrestre qui se prend pour un avocat planétaire ne daignait même pas ouvrir sa sale gueule puisque ça l’arrangeait.Maintenant qu’il est perdu et aux abois,il vient raconter ses âneries.D’ailleurs n’est ce pas le même qui envoyait des messages de félicitation à ses amis putschistes qui ont dévergondé,dévoyé,dépravé la société burkinabè durant ces 30 dernières années ?Y’en a marre de ces comiques pervers comme ce kéré alias paul

    Répondre à ce message

  • Le 8 janvier à 19:25, par le vigilent En réponse à : Les difficultés récurrentes de fonctionnement du système judiciaire burkinabè : Les propositions de Me Paul KERE, Avocat (1ère Partie : La chaîne pénale).

    Les conditions de travail des magistrats des avocats et autres auxiliaires de justice ne sont pas pires que celles des agents de l’adminitration generale , hauts c4ommissariats, prefectures etc. Je suis d’accord avec Me Kere que ces mauvaises conditions impactent fort negativement sur la qualite et la celerite des services aux populations. Il ne sert a rien de mplir les bureaux d’agents competents, parfois en nombre plethorique sans leur garantir de conditions acceptables de travail

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Yacouba Isaac Zida, Yirgou : « Les feux de brousse de la haine au Burkina Faso »
Tribune : « Lettre d’amour et message d’espoir pour le Burkina »
Burkina Faso : Cartographie du terrorisme
Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?
Tribune : Parler de problème d’intégration des Peulh dans le Mogho est une erreur (2/2)
Tribune : Parler de problème d’intégration des Peulhs dans le Mogho est une erreur (1/2)
Roch Kaboré a-t-il été abandonné par les mânes de nos ancêtres ? : Armand Béouindé répond à Ablassé Ouédraogo
Démocratie électorale : Abstention, piège à cons !
Méconnaissance et stéréotypes : Deux autres menaces insidieuses contre le Burkina Faso
Burkina Faso : Notre leadership n’est pas à la hauteur
Etat d’urgence au Burkina Faso : Régime juridique actuel et écueils à éviter
Remaniement gouvernemental : Commencer par le remaniement de la pensée
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés