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Politique : Jacques Kodjo Palenfo, "l’enfant terrible" du parlement burkinabè

Accueil > Actualités > Portraits • LEFASO.NET | PHOTO : B24 • vendredi 12 avril 2019 à 12h29min
Politique :  Jacques Kodjo Palenfo,

Jacques Kodjo Palenfo est loin d’être timide. Et cela pourrait facilement se comprendre. D’abord instituteur, puis formateur d’instituteurs, inspecteur et député, il a su tracer sa voie politique avec son inusable style pédagogique. Fervent défenseur de l’indépendance du député vis-à-vis de son parti lors de l’adoption des lois, il sera dénoncé par ses pairs pour ses revirements. Focus sur celui qui se surnomme le « guerrier du Sud-Ouest », membre du groupe parlementaire Renouveau démocratique (RD), une dissidence de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), principal parti d’opposition burkinabè.

« Il faut savoir interpréter la circonvolution diplomatique et aller de l’avant ! », lance toujours Jacques Kodjo Palenfo. L’homme est pressé en politique, mais se dit patient dans la vie. Il marche vite, il parle vite, il convainc vite et il est drôle. Pourquoi attendre quand on sait si bien où l’on veut aller ? C’est le leitmotiv de Jacques Kodjo Palenfo qui, semble-t-il, veut représenter la circonscription électorale de Gaoua en 2020. Il lui reste moins d’un an pour y parvenir et reconstruire une image politique dégradée, à la suite de la création du groupe parlementaire Renouveau démocratique (RD), en octobre 2017.

A l’image de son désir d’aller vite, son ascension politique a aussi été rapide. En l’an 2000, il mobilisait déjà des militants pour le compte de l’ancien député Louis Armand Mihyemba Ouali, son mentor. Le député Jacques Palenfo est né en 1968 à Gaoua, région du Sud-Ouest. A peine bambin, son père décède ; il est élevé par sa mère. Tout petit, il fait partie des premiers écoliers de son village, aux premières lueurs des indépendances. Mais, les temps sont durs, se souvient-il : « Pas d’électricité, conditions de vie précaires, etc. ».

Cependant, rien ne l’empêche de rêver grand, puisqu’il va poursuivre ses études secondaires à Kampti dans les années 1975, en cours du soir. Studieux, il est admis au Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et se fait former instituteur à Loumbila pendant une année. Puis, il rentre à Gaoua et y enseigne pendant sept ans. Avec l’ouverture de la Direction régionale de l’enseignement de base du Sud-Ouest, il est nommé directeur des études. Il fait ensuite ses preuves et prend les commandes de la direction des examens et concours de la région.

A partir de 2001, il va enchaîner les grades et les postes : instituteur principal, directeur de l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP) de Gaoua, formateur à l’ENEP, conseiller pédagogique et inspecteur. Avec un tel parcours, pourquoi ne pas faire de la politique ? Ambitieux, il choisit la politique pour aller plus vite. En 1999, le jeune Jacques tape à la porte du député Armand Ouali, après un militantisme dur dans le syndicat de l’enseignement de base.

A cette époque, sa vision politique n’était autre que de « trouver des solutions aux besoins de la population à la base ». Aux différentes échéances électorales de 2001 à 2007, il fait ses preuves comme mobilisateur et se fait des sièges aussi bien au niveau communal que législatif. En 2000, alors que son mentor Armand Ouali perd son poste législatif pour nomadisme politique, celui qui était devenu le suppléant récupère son mandat. Il est alors l’un plus des jeunes députés de l’Assemblée nationale. C’est le début d’une carrière politique. Jacques Palenfo devient l’un des opposants au régime de Blaise Compaoré et sait se faire remarquer, à commencer par ses prises de parole ponctuées de pédagogie.

Dans le même temps, le député gagne en notoriété. En 2009, il participe à la création de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), parti dont il deviendra membre. A la suite du congrès du FOCCAL (Forum des citoyens et citoyennes pour l’alternance) organisé pour la première fois par Zéphirin Diabré à Gaoua, Jacques Palenfo monte en échelons. En 2015, il remporte son mandat de député post-insurrectionnel, sous la bannière de l’UPC, après celui de 2010.

Le député Palenfo paraît modeste de par son accoutrement. « Le guerrier », c’est ainsi qu’il se surnomme. Et en véritable guerrier, il ne manque pas de courage et d’audace. Ainsi, quand il juge qu’une loi est « utile pour le peuple », il n’hésite pas à voter « oui », même si les autres membres de son parti, l’UPC, ne sont pas du même avis. Ce fut le cas, le 3 juillet 2017, lors du vote de la loi sur les partenariats public-privé (PPP). Jacques Palenfo a voté « oui », pendant que ses camarades politiques dénonçaient l’impertinence de la loi.

D’ailleurs, ses pairs ne manquent pas de parler de ses revirements idéologiques et tactiques à l’occasion d’adoption des lois. Mais pour lui, ce que ses collègues députés lui reprochent, c’est son désir d’indépendance. « Il fait tout selon ses désirs et à sa tête, sans souci d’injonction du parti ; un vrai électron libre », disent-ils. « Il est toujours prêt à repousser tout obstacle pour exister, pour se faire entendre ; c’est le propre de Palenfo », renchérit un membre de son parti politique.
Certains élus reprochent à Palenfo ses expressions brutales. « Il s’impose toujours », s’exclame une élue de la majorité.

Aujourd’hui, il est l’un des treize démissionnaires du groupe parlementaire Union pour le progrès et le changement (UPC). Avec ses camarades, ils ont créé le Renouveau démocratique (RD) dont le chef de file est Daouda Simboro. Face aux injonctions de militants qui lui demandaient de rendre sa démission, le député Palenfo est resté stoïque : « La loi permet la création de groupes parlementaires ». Répondant aux critiques à la suite de leur éjection de l’UPC, Jacques Palenfo dit ceci : « Je ne suis pas là pour plaire. Je luttais pour la stabilité du parti. Beaucoup de ceux qui nous vouent aux gémonies aujourd’hui, c’était plutôt eux qui voulaient qu’on aille au gouvernement et c’est eux qui tuent l’UPC dans l’ombre. On a des SMS comme preuves ». Puis de continuer : « Ce n’est pas seulement le label et les moyens du parti qui font élire un député ; il y a son aura personnelle ».

Deux ans après son éjection de l’UPC et une année avant les prochaines échéances législatives, Jacques Palenfo croit dur comme fer qu’il pourra être réélu s’il se présente : « Je connais mon poids électoral ». Il se présente comme le candidat de l’humanisme et des causes justes. « Avec le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), on pouvait gouverner ensemble (…) Si nous nous mettons ensemble, on va construire quelque chose d’utile pour ce pays », se convainc le natif de Gaoua. Lire la suite

Edouard K. Samboé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 12 avril à 13:04, par Kôrô Yamyélé En réponse à : Politique : Jacques Kodjo Palenfo, l’enfant terrible du parlement burkinabè

    - Jacques Kodjo Palenfo n’est rien d’autre qu’un bavard, un vantard qui se prend pour le centre de la terre, un brouhaha du Sud-Ouest ! Toi Edouard K. Samboé tu ne connais pas ce monsieur. Moi je le connais au Sud-Ouest ! Il est de la province du Poni et ne croit pas qu’il mobilise là-bas plus qu’une mouche. Et son palmarès que tu décris avec tant de volubilité n’est pas si exceptionnel ! Il y plein de sgars comme lui qui ont ce profil ici et qui ne s’agitent pas comme lui. Il est député frondeur de l’UPC avec d’autres accolytes du même accabit mais celà ne fait pas de lui un héros. Il aurait été un héros s’il disait : ’’Mr Zéphirin, je démissionne. Prenez mon mandat de député que j’ai eu étant dans l’UPC et donnez-le à qui vous voulez car moi Palenfo, je ne veux pas être un pied dedans, un pied dehors puisque je suis honnête’’. Mais là ton bravetchè n’est pas allé jusqu’au bout comme ses autres accolytes d’ailleurs (les Simboro et autres) et ils ont préféré la mangecratie et non les honneurs. Alors ne nous casse pas les tympans avec les mensonges d’un frustré !

    Conclusion  : Tous ces frondeurs de l’UPC s’apprêtent maintenant à rejoindre le MPP. Voilà pourquoi ils nous tympannisent maintenant avec des interviews et autres interventions farfelues les uns plus que les autres ! Bientôt vous allez voir les bouts des nez des autres poindre dans la presse ! Lefaso.net, ne vous laissez pas instrumentaliser ni piéger par des petits malins !

    Par Kôrô Yamyélé

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    • Le 12 avril à 15:46, par Burkindbila En réponse à : Politique : Jacques Kodjo Palenfo, l’enfant terrible du parlement burkinabè

      Kôrô Yam-Yélé
      Fais attention sinon tu risques de mourir d’aigreur car si le CDP ne t’a rendu intègre ce n’est pas UPC qui ne verra aucun jour à Kossiam qui te le fera
      Ton aigreur va te tuer car tout le monde rit de toi même les pntes du CDP et UPC car d’ici début 2020, tu verras certains dont tu penses t’accrocher quitter UPC ou CDP
      L’intégrité et l’intelligence ne se mesurent pas par une diarrhée de mots dans un désert d’idée mais une personne qui tourne à plusieurs reprises sa langue ou qui analyse avec son cerveau ce qu’il veut dire avant de partager avec les autres
      Souffres si tu n’as plus à manger parce que le peuple a pris le pouvoir les 30 et 31

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    • Le 12 avril à 16:25, par Ini En réponse à : Politique : Jacques Kodjo Palenfo, l’enfant terrible du parlement burkinabè

      Hudo Le Koro !
      Vous avez fait preuve d’une rare lucidite sur ce coup-ci.
      "Guerrier du Sud-Ouest" ! rien que ca ? Et pourquoi pas empereur du Sud-Ouest ou tsar de toute la region de l’Ouest ?
      Hors Gaoua et ses environs dont Sidoumoukar et Holy son village natal, Il est connu et a fait quoi ou ? Est-ce qu’il sait ou se trouvent Batie, Diebougou, Dissin, Dano, Mariatan, Kpere, Midebdo ? A-t-il jamais battu campagne dans ces zones en dehors de Gaoua ? Pour rappel le Sud-Ouest ne se resume pas a Gaoua. Dans quel monde vivons-nous pour que la traitrise soit erigee en heroisme et les poltrons en guerriers ? S’il veut etre independant qu’il demissione et cree son parti. Puisqu’il dit connaitre sa force electorale on verra bien. C’est trop facile de se faire elire sous les bannieres d’un parti et clamer ensuite une independance. Ceci n’est rien de plus que le syndrome de la chauve-souris, hybride creature qui n’a pas pu se decider entre etre un oiseau ou un mammifere. Si ce schyzophrenisme politico-ideolgique est heroisme, nous avons bien du pain sur la planche... "Enfant terrible du parlement" ! ha bah !!! Journaliste, allez doucement avec la pommade.
      Aussi verifiez vos info avant de les publier. Jacques certainement n’est pas ne en 1958. Nous avons fait des camps bibliques ensemble a Gaoua et a Bouroum-Bouroum pendant nos annees collegiennes et lyceennes. Jacques etait un de nos cadets et je suis nee en novembre 1967.

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    • Le 12 avril à 17:34, par Jahkarimo En réponse à : Politique : Jacques Kodjo Palenfo, l’enfant terrible du parlement burkinabè

      Tu disais d’aller remettre le mandat à Zeph.J’ai du croire que je lisais les elucubrations de Toégui.Tant,tes errements et tes flagellations m’amusaient enormement.Sais tu comment Mr Palenfo a fait pour heriter de la confiance de son peuple, qui je le rapelle, detient le pouvoir exclusif et mandataire à Gaoua avant la creation de l’UPC ??Je t’apprend qu’on est deputé pour servir la cause de son peuple pas les interêts d’un homme.Si Palenfo a desisté ses propres interèt au profit de son peuple,il ne se ferait pas un lave-caleçon de la femme du president de son parti !

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  • Le 12 avril à 13:36, par TENGA En réponse à : Politique : Jacques Kodjo Palenfo, l’enfant terrible du parlement burkinabè

    VA Manger et laisse les gens tranquille ko indépendance du député c’est quoi ça de la mangécratie RD des vendu qui veulent s’en mettre plein les poches.

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  • Le 12 avril à 13:56, par TENGA En réponse à : Politique : Jacques Kodjo Palenfo, l’enfant terrible du parlement burkinabè

    mais tu as voté des lois bidon SITARAIL PPP et Grés à grés du n’importe quoi tous pour mon ventre

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  • Le 12 avril à 14:01, par SOME En réponse à : Politique : Jacques Kodjo Palenfo, l’enfant terrible du parlement burkinabè

    mon frere sans etre de ton bord politique, je suis d’accord que les jeunes doivent s’engager en politique et que le deputé doit avoir le courage de s’affranchir de son parti sur les points essentiels pour les populations car il est d’abord un deputé du peuple, pour les vrais interets superieurs du peuple. S’il y a une discipline du parti, ce ne doit etre non plus une ferule au detriment de sa premiere mission et fonction de base.
    effectivement il convient de se poser des questions sur l’etat de ce parti UPC qui ne fait que se saborder par incompetence politique de ses dirigeants.
    SOME

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  • Le 12 avril à 14:55, par Kankelen En réponse à : Politique : Jacques Kodjo Palenfo, l’enfant terrible du parlement burkinabè

    M. Samboé Edouard K. j’ai beaucoup apprécié votre reportage, le fond et la forme. Grand merci. Si tu es jeune, je paris que tu as déjà la trame des grands journalistes.

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