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RECOWA-CERAO : L’intégralité de la lettre pastorale des évêques de l’Afrique de l’Ouest à la clôture de leur 3e Assemblée plénière à Ouagadougou

Accueil > Actualités > Société • • dimanche 19 mai 2019 à 23h31min
RECOWA-CERAO : L’intégralité de la lettre pastorale des évêques de l’Afrique de l’Ouest à la clôture de leur 3e Assemblée plénière à Ouagadougou

Gardons l’Espérance !
Message pastoral des Cardinaux, Archevêques et Evêques de la Conférence Episcopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest (RECOWA/CERAO) au Peuple de Dieu ainsi qu’aux personnes de bonne volonté, au terme de leur troisième Assemblée Plénière tenue à Ouagadougou au Burkina Faso, du 13 au 20 mai 2019.

Chers frères dans le sacerdoce ministériel,
Chers frères et sœurs de la vie consacrée,
Chers fidèles laïcs,
Vous tous, hommes et femmes de bonne volonté,

Salutations

1. Au moment de clore notre troisième Assemblée Plénière portant sur « la nouvelle évangélisation et la promotion du développement humain intégral dans l’Eglise-Famille de Dieu en Afrique de l’Ouest », nous sommes heureux de vous adresser ce message de paix, d’encouragement et d’espérance.

2. En cette année où l’Eglise-Famille de Dieu en Afrique célèbre un double Jubilé – le Jubilé d’argent de la première Assemblée spéciale du Synode des Evêques pour l’Afrique et le Jubilé d’or du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) – nous rendons grâce au Seigneur qui nous a conviés ici à Ouagadougou pour prier ensemble, écouter sa Parole, vivre un moment de fraternité et réfléchir à certaines questions urgentes qui interpellent notre mission de Pasteurs.

3. Ce pays qui nous a accueillis pour une semaine entière est un pays meurtri, dont les fils et filles sont vivement préoccupés par les attentats et attaques terroristes qui, depuis quelques temps, sèment la désolation et le désarroi au sein des populations, en particulier dans les communautés chrétiennes.

Le cœur rempli d’émotion et de tristesse, nous pensons à nos frères et sœurs qui ont payé de leur vie leur fidélité à l’Evangile et leur dévotion à la Vierge Marie, notamment les Pères Antonio César Fernández, salésien de Don Bosco, et Siméon Yampa (prêtre diocésain de Kaya) ainsi que les fidèles laïcs de la paroisse de Dablo (Diocèse de Kaya) et de Bam (Diocèse de Ouahigouya). Nous ne saurions oublier les membres des autres confessions religieuses qui ont connu le même sort.

4. De même, aux prêtres toujours détenus en otage, Pier Luigi Maccalli, Société des Missions Africaines (SMA), en mission à Bomoanga au Niger, et Joël Yougbaré, du Diocèse de Fada Ngourma, en mission à Djibo au Burkina, nous exprimons le soutien moral et spirituel de toute notre communauté chrétienne.

5. Face à cette inquiétante vague de violence qui souffle, non seulement sur le Burkina Faso mais aussi sur le Niger, le Mali et le Nigeria, nous exprimons notre plus vive condamnation et voulons assurer nos frères et sœurs meurtris de notre solidarité, de notre communion priante et de notre compassion. En tenant notre assemblée ici au Burkina, malgré les informations peu rassurantes qui nous étaient parvenues, nous avons voulu vous donner un signe de notre proximité effective et affective.

Au nom de toute notre Eglise-Famille de Dieu en Afrique de l’Ouest, nous vous présentons notre sincère compassion tout en recommandant à la miséricorde de Dieu les victimes innocentes de ces actes barbares. Devant la violence, nous n’avons qu’une réponse à donner, celle que nous a enseignée notre Maître et qui est inspirée par notre foi : la confiance en Dieu, le pardon et l’amour désintéressé. « Aimez vos ennemis. Faites du bien à ceux qui vous haïssent » nous demande Jésus (Lc 6, 27).

Notre mission à la suite du Christ

6. Nous sommes des disciples du Christ et rien ne nous empêchera de suivre son exemple. Envoyé par le Père, « non pas pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé » (Jn 3,17), Jésus nous a révélé le visage miséricordieux de ce Père qui, déjà dans l’Exode, s’est fait connaître à Moïse comme celui qui a vu la misère de son peuple, qui a entendu ses cris de détresse et qui est descendu pour le sauver (cf. Ex 3,7-8).

7. Inaugurant la plénitude des temps et l’aujourd’hui du salut, Jésus s’est présenté dans la synagogue de Nazareth comme le Prophète envoyé pour se pencher sur les misères humaines. A ce titre, il a révélé son identité et sa mission comme « consacré par l’Esprit pour porter la bonne nouvelle aux pauvres… annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce de la part du Seigneur » (Lc 4,18-19 ; cf. Is 61,1-2a).

8. Ainsi engagé aux côtés des hommes et des femmes dans leurs aspirations les plus profondes, Jésus a offert à l’Eglise et à ses pasteurs le modèle de son propre ministère en faveur de la promotion du développement intégral de la personne humaine. Voilà pourquoi, nous aussi, poursuivant l’œuvre de notre divin Maître et Seigneur, nous voulons nous tenir aux côtés de toutes les personnes qui souffrent, faisant nôtres leurs joies et leurs espoirs, leurs angoisses et leurs douleurs (cf. Gaudium et spes 1).

Les situations préoccupantes de notre sous-région

9. Avec la détermination et l’abnégation de ses fils et filles, l’Afrique notre continent a commencé à corriger aux yeux du monde l’image séculaire que l’on garde d’elle comme cet homme qui, descendant de Jérusalem à Jéricho, tomba entre les mains des bandits qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et le laissèrent à moitié mort (cf. Lc 10,30-37). Si l’Afrique n’a fait, dans le système d’aide au développement, que l’expérience d’hypothétiques prochains peu soucieux de son relèvement, elle a pu expérimenter depuis plusieurs décennies, à travers l’engagement missionnaire et caritatif de l’Eglise, la proximité de la divine figure du Bon Samaritain.

Malheureusement, au cours de ces dernières années, l’on voit apparaître des menaces inattendues, des tragédies inédites et des catastrophes nouvelles qui cherchent à annihiler tous ces efforts de développement social et de promotion humaine.

10. Ces drames ont de multiples facettes : des épidémies que l’on n’arrive pas à maîtriser, des catastrophes écologiques, de nouveaux foyers de tensions sociales avec des violences intercommunautaires et interreligieuses qui contrastent avec les traditions séculaires de tolérance et d’hospitalité, des élections organisées dans des conditions chaotiques qui débouchent sur des crises meurtrières, des atteintes à la démocratie, des réconciliations nationales difficiles à réaliser, de nouvelles formes de terrorisme interne aux Etats ou transfrontalier qui frappent aveuglément, le drame de la migration qui touche spécialement des jeunes Africains attirés par la soif d’une vie meilleure mais qui s’arrête brusquement dans les flots de la Méditerranée ou dans le désert libyen, le développement de nouvelles formes de pauvretés et de misères qui touchent les plus défavorisés malgré nos richesses naturelles et humaines, la politisation de l’espace scolaire et universitaire.

Nouvelle évangélisation et développement

11. Dans un tel contexte, nous, évêques de l’espace RECOWA/CERAO, rassemblés dans l’esprit de la collégialité épiscopale et de l’Eglise-Famille de Dieu en Afrique, réaffirmons que notre charge principale est « d’annoncer au monde l’espérance, à partir de la prédication de l’Evangile de Jésus Christ, non seulement l’espérance qui concerne les réalités présentes, mais avant tout et surtout l’espérance eschatologique, celle qui aspire au trésor de la gloire de Dieu, celle qui surpasse tout ce que le cœur de l’homme n’avait pas imaginé et à laquelle ne peuvent être comparées les souffrances du temps présent » (Pastores Gregis 3).

12. Devant le contraste saisissant de notre continent si affaibli mais pourtant si pourvu de richesses naturelles par le Créateur, nous nous unissons à la prière du Pape François, en ce mois de mai, « pour qu’à travers l’engagement de ses membres, l’Eglise en Afrique soit ferment d’unité entre les peuples, signe d’espérance pour ce continent ».

Renouvelant notre mission de prophètes, de témoins et de serviteurs de l’espérance, accueillant déjà les fruits de l’Esprit promis par le Ressuscité et effusé sur ses disciples à la Pentecôte, nous voulons rejoindre fraternellement chacun et chacune de vous, nos frères et sœurs. Nous avons, en effet, pour vous, de la part du Christ et de son Eglise un message : la Bonne Nouvelle.

Aux prêtres et aux personnes consacrées

13. La nouvelle évangélisation nous appelle à de nouveaux choix et à de nouvelles attitudes. Dans la situation actuelle que traverse notre continent, l’Eglise doit être un signe d’espérance, un lieu d’unité de la famille humaine voulue par Dieu le Père et rassemblée par le sang précieux de son Fils Jésus-Christ. Pour ce faire, elle a besoin de pasteurs crédibles, de témoins qui annoncent l’Evangile non pas seulement en paroles, mais aussi et surtout par le témoignage de leur propre vie.

L’Eglise en Afrique ne saurait être un signe d’espérance si ceux qui animent sa vie et lui donnent un visage concret ne sont pas crédibles. Nous en appelons à une prise de conscience de ce que les pasteurs sont appelés à être au regard de la confiance que le Christ a placée en eux, « sel de la terre […] et lumière du monde » (cf. Mt 5,13.14).

14. D’une manière particulière, nous vous exhortons à accorder aux jeunes la place qui leur revient dans l’Eglise et dans la société. Sachons nous mettre à leur disposition pour les écouter, les accompagner en cultivant en eux l’amour de notre continent et le sens du devoir bien accompli. Sensibilisons-les davantage sur les dangers de l’émigration irrégulière. Aidons-les à croire en eux-mêmes et en leur capacité à réussir en Afrique.

Accueillons-les quand ils sont en situation de précarité et offrons-leur un accompagnement pastoral et spirituel. Aidons-les à trouver des opportunités de gagner leur vie. Pour tous ceux qui reviennent d’une expérience malheureuse d’émigration, œuvrons pour qu’ils puissent toujours trouver dans l’Eglise un espace d’accueil pastoral et spirituel qui leur permette de se réinsérer dans leur pays et dans leur communauté ecclésiale pour vivre pleinement leur foi.

A tous les autres leaders religieux

15. A vous tous, leaders religieux qui confessez la foi en Dieu, nos salutations fraternelles ! Une tâche urgente pour l’Afrique nous interpelle tous, avec le développement de nouvelles formes d’intégrismes, sources de violences aveugles, qui sèment la terreur et déstabilisent nos nations. C’est ensemble que nous devons nous lever pour dénoncer toute instrumentalisation de la religion, en particulier, les assassinats perpétrés au nom de Dieu.

Notre Dieu est un Dieu d’amour et nous devons le servir en aimant et non en tuant des innocents en son nom. Ceux qui le font souhaitent sans doute nous lancer dans une guerre interreligieuse ou interethnique. Nous ne cèderons jamais à leur manipulation et resterons fermes dans notre détermination à cultiver le dialogue interreligieux et le vivre-ensemble, dans une acceptation mutuelle et un accueil réciproque.

A nos jeunes : forces vives de nos pays

16. Vous représentez le présent et l’avenir de l’Afrique qui doit lutter avec toutes ses ressources pour la dignité et le bonheur de ses fils et filles. Dans ce cadre, nous ne pouvons pas nous taire devant le phénomène de votre migration, en particulier vers l’Europe. Nos cœurs de pasteurs et de pères souffrent devant le spectacle de ces embarcations surchargées de jeunes, de femmes et d’enfants qui s’abîment dans les flots de la Méditerranée.

Certes, nous comprenons votre soif de bonheur et d’un mieux-être que vos pays ne vous offrent pas. Le chômage, la misère, la pauvreté demeurent des maux qui humilient et révoltent. Cependant, ils ne doivent pas vous entraîner à sacrifier votre vie en empruntant des chemins si périlleux et pour des destinations incertaines. Ne vous laissez pas égarer par de fausses promesses qui vont vous conduire à des esclavages et à un avenir illusoire ! Avec un dur labeur et de la persévérance vous pouvez réussir en Afrique, et, surtout, faire de ce continent une terre prospère.

Aux gouvernants et aux hommes politiques

17. Au nom du Christ, nous saluons avec respect votre engagement et votre mission au service de nos peuples dans un contexte international des plus délicats et des plus complexes. De par vos fonctions politiques, vous êtes spécialement les gardiens de vos frères et sœurs et de vos nations. Dans leur aspiration au développement, dans leur désir profond d’un mieux-être, dans leur lutte pour des conditions de vie meilleure, dans leur aspiration à la paix, à l’éducation, au bonheur, les regards de vos peuples sont tournés vers vous.

18. En cette période particulièrement délicate de la marche de notre continent confronté aux défis de la globalisation, votre responsabilité se trouve engagée et votre mission est devenue plus exigeante tant il est vrai que vos choix politiques conditionnent le présent et l’avenir de millions de personnes dont vous êtes responsables.

Les défis multiples et multiformes auxquels nos pays se trouvent confrontés en termes de développement, de sauvegarde de l’environnement et de la planète, de création d’opportunités pour les jeunes, de formation adéquate des citoyens, de réconciliation, de justice et de paix, exigent de vous un engagement sans réserve. Dieu a béni l’Afrique et l’a dotée de tant de richesses humaines et naturelles qu’elle peut offrir à tous ses enfants ce qu’il leur faut.

19. Avec vous et pour vous, nous prions pour que les privilèges et les intérêts personnels ne prennent pas le dessus dans vos cœurs, mais que vous vous acquittiez de votre charge, en donnant une priorité absolue au bien commun, dans un esprit de service, à la manière de Jésus Christ, qui est « venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,45).

Dans ce sens, nous vous exhortons à combattre tout ce qui met en péril le bien commun et porte atteinte à la dignité de la personne humaine : la corruption, la mauvaise gestion et le trafic des êtres humains sous toutes ses formes. En plus, vous ne devez jamais relâcher vos efforts pour assurer la sécurité de la vie et des biens de vos concitoyens.

Tel est votre premier devoir. Nous avons conscience que ce défi majeur dont dépend l’aboutissement des divers plans stratégiques de développement de nos pays n’est pas simple à relever. Nous vous encourageons à mettre ensemble vos forces dans la sous-région (renseignement et forces de défense) pour affronter cet ennemi commun du bien-être des Africains.

20. Sans vouloir se substituer à vous, dans vos responsabilités politiques, l’Eglise dont la mission est tout autre, se tient à vos côtés. Avec vous, elle veut œuvrer pour des nations apaisées et des communautés plus unies autour des valeurs nouvelles du Royaume de Dieu qui transcendent les barrières ethniques, religieuses et géographiques. Avec vous, l’Eglise veut collaborer pour promouvoir la bonne gouvernance, l’état de droit démocratique, les élections transparentes, justes et crédibles, le respect des constitutions nationales, le verdict des urnes et l’alternance démocratique.

21. Nous en appelons à un ordre international plus juste pour que notre continent ne soit pas continuellement pillé au profit d’une minorité. Nous plaidons en faveur d’une meilleure répartition des richesses du monde, d’une rémunération plus juste des efforts de chacun, d’une réelle justice sociale aussi bien à l’intérieur de nos Etats qu’au niveau des relations internationales.
Remerciements et prière

22. Au terme de notre Assemblée, véritable moment de grâce, nous tenons à exprimer notre sincère gratitude à Dieu ainsi qu’à l’Eglise-Famille de Dieu au Burkina-Niger, aux plus hautes Autorités politiques, civiles et administratives, en particulier au Président du Faso, aux Forces de Défense et de Sécurité, à tout le comité d’organisation, aux partenaires, aux hommes et femmes des médias et à vous tous qui nous avez accompagnés de vos prières et de vos services.

23. Nous appuyant sur la promesse du Christ qui demeure avec nous jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 28, 20), nous vous invitons à garder l’espérance. De tout cœur, nous vous bénissons et vous confions à la protection maternelle de Marie Notre Dame d’Afrique.

Fait à Ouagadougou, le 19 mai 2019.
Les Evêques de la RECOWA-CERAO

Cliquez ici pour lire aussi 3ème Assemblée RECOWA-CERAO : Les évêques de l’Afrique de l’Ouest condamnent « ceux qui tuent au nom de Dieu »

COMMUNIQUE A LA FIN DE LA 3è ASSEMBLEE PLÉNIÈRE DE LA CERAO, du 13 au 20 Mai 2019 AU « CENTRE NATIONAL CARDINAL PAUL ZOUNGRANA » À OUAGADOUGOU, BURKINA FASO.

Préambule

Nous, Evêques catholiques des Conférences Episcopales Réunies de l’Afrique de l’Ouest, (CERAO), avons tenu notre troisième assemblée plénière, du 13 au 20 mai 2019 au Centre National Cardinal Paul Zoungrana (CNCPZ) de Ouagadougou au Burkina Faso sur le thème : « La nouvelle évangélisation et la promotion du développement humain intégral dans l’Église famille de Dieu en Afrique de l’Ouest ».

Conscients des réalités et des urgences qui marquent présentement notre continent africain et plus particulièrement notre sous- région, nous avons organisé des séminaires et des ateliers sur les sous-thèmes que voici : « Jeunesse, foi et migration : le rôle de la famille de l’Église de Dieu en Afrique de l’Ouest » et « Le Développement humain intégral et le service social dans l’Église -Famille de Dieu en Afrique de l’Ouest ». À la fin de notre assemblée plénière, nous publions le communiqué suivant :

1. Remerciements

Nous rendons grâce à Dieu le Père tout puissant, qui nous a donné plein succès à notre rencontre par ses bienfaits. Nous saluons avec gratitude l’accueil chaleureux qui nous a été réservé par la Conférence des évêques catholiques du Burkina Faso et du Niger et par le peuple de Dieu qui ont contribué à la réussite de notre rencontre. Nous soulignons avec satisfaction le soutien et la coopération du gouvernement du Burkina Faso, et nous remercions tout particulièrement Son Excellence Monsieur Marc Roch Christian KABORE, Président du Faso, pour sa présence à la cérémonie d’ouverture de notre assemblée plénière, avec les membres de son cabinet, et pour le message qu’il a bien voulu nous adresser.

C’est également avec gratitude que nous notons la présence à cette cérémonie du Président de la Commission de la CEDEAO, son Excellence Monsieur Jean Claude Kassi Brou, à la cérémonie aux côtés des dignitaires de l’Église et de l’État. Nous remercions vivement son Éminence Peter Kodwo Appiah Cardinal Turkson, Préfet du dicastère pour la Promotion du Développement Humain Intégral, qui a dirigé un atelier sur le thème de l’assemblée.

Nous adressons le même mot de remerciement à nos Excellences Monseigneur Protasse Rugambwa, Secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples (Propaganda Fide) et au Président du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), Monseigneur Gabriel Mbilingi, Archevêque de Lubango, Angola, pour leur présence à notre assemblée.

Nous remercions aussi spécialement les deux représentants de la Section des Migrants et Refugiés du Dicastère du Développement Humain Intégral, les Révérends Pères Lambert TONAMOUR et Ikenna IKECHI qui nous instruit sur leurs sujets. Leurs interventions ont provoqué beaucoup de questions et résolutions pour une meilleure approche.

2. Terrorisme et sécurité

Nous exprimons notre compassion aux gouvernements et aux populations du Burkina Faso, du Niger, du Mali et du Nigéria qui, au cours même de notre assemblée, ont vécu les horreurs et les violences des attaques terroristes.
Nous dénonçons toutes les formes de terrorisme et de violence qui continuent d’infliger douleur et chagrin à nos familles, à nos peuples, quel qu’en soit le prétexte.

La religion authentique respecte le caractère sacré de la vie et ne s’impose à personne. Nous exigeons que la liberté de religion comme celle de mouvement, soient protégées en vertu de la loi, et nous appelons nos gouvernements pour garantir la sécurité de la vie et des biens dans notre continent, en particulier dans la sous-région ouest-africaine. Nous prions pour que Dieu accorde le repos éternel à toutes les victimes des récentes attaques et réconforte tous ceux qui sont en deuil.

3. Migration, jeunesse et bonne gouvernance

Nous exprimons notre profonde préoccupation face au phénomène de la migration irrégulière et aux problèmes de réfugiés, qui ont causé tant de souffrances, de douleurs et même de décès de centaines de nos frères et sœurs, en particulier chez les jeunes. Il est triste de constater que beaucoup, dans leur recherche de meilleures conditions de vie, ont été victimes de kidnappeurs, de marchands d’esclaves. Beaucoup sont morts en haute mer ou dans le désert. Il ne faut pas laisser une telle tragédie se poursuivre.

Parmi les principales causes de ces malheurs, il faut citer la mauvaise gouvernance, l’insécurité, les dysfonctionnements du système éducatif, le manque d’opportunités d’emploi dans la sous-région.

Nous demandons à nos gouvernements de promouvoir une nouvelle culture de leadership dans le service, la justice, le patriotisme, et de créer un environnement favorable aux Africains pour vivre et prospérer dans notre continent.
Nous déclarons que les migrants et les réfugiés africains constituent un capital humain et des riches ressources spirituelles pour les pays vers lesquels ils émigrent.
Nous demandons donc que la dignité des migrants et des réfugiés soit respectée partout et toujours.

Nous sollicitons pour eux un meilleur accueil et des soins pastoraux, afin qu’ils puissent être aidés à s’intégrer dans la société d’accueil.

Nous demandons instamment à nos jeunes de s’engager dans des initiatives légales, où qu’ils soient, nous leur rappelons leur devoir de rester fermes dans leur foi et nous les exhortons à être des agents d’évangélisation au service de la Bonne Nouvelle. Pour notre part, nous nous engageons à leur assurer une meilleure formation pastorale et spirituelle, en collaboration avec d’autres religions et confessions dans notre sous-région.

4. Construire notre unité

Nous remercions Dieu pour l’initiative historique de 2007 à Abuja, au Nigeria, qui a réuni sous le sigle CERAO, nos différentes conférences épiscopales, autrefois regroupées par identités linguistiques. Nous reconnaissons les immenses retombées pastorales et spirituelles de cette collaboration, et nous nous engageons de nouveau à en assurer le succès pour la croissance de l’Église et pour l’évangélisation du peuple de Dieu dans notre région.

5. Développement Humain Intégral et entrepreneuriat

En tant qu’Evêques de la CERAO, nous nous engageons à poursuivre le développement intégral de notre peuple par l’éducation. Nous souhaitons travailler avec tous les acteurs politiques et sociaux, les organismes religieux, les jeunes, les femmes, les hommes et toutes les personnes de bonne volonté pour réaliser la vision du Développement Humain Intégral.

Comme signe de cet engagement, nous avons organisé des ateliers sur l’entrepreneuriat, afin de donner à l’Église une impulsion pour renforcer les capacités des nécessiteux dans nos sociétés. Nous espérons ainsi réduire la pauvreté, la criminalité, le désespoir et le chômage particulièrement chez les jeunes.

6. Le message de la jeunesse

Nous saluons le message délivré à l’assemblée par une délégation de jeunes catholiques accompagnés de leurs Aumôniers Prêtres. Nous retenons de leur propos quelques appels pour donner à la jeunesse africaine toute la place voulue dans l’Eglise et la société, à travers une conversion culturelle, pastorale, missionnaire et spirituelle.

7. Election des dirigeants

Lors des élections qui se sont déroulées au cours de l’assemblée, Mgr Ignatius Ayau Kaigama, Archevêque coadjuteur de l’archidiocèse d’Abuja et administrateur de l’archidiocèse de Jos, a été réélu président de la CERAO pour un second mandat. Il en a été de même du premier vice-président, Monseigneur Jose Camnate Na Bissing, Evêque du Bissau, en Guinée Bissau, ainsi que du deuxième vice-président, Monseigneur Alexis Touabli, Evêque d’Agboville, en Côte d’Ivoire.

Conclusion

Nous appelons tous nos fidèles à rester fermes et pleins d’espérance dans la prière, car Dieu établira la paix et sauvera son peuple. « Peuple de Sion, toi qui habites Jérusalem, tu ne pleureras jamais plus. À l’appel de ton cri, le Seigneur te fera grâce. Dès qu’il t’aura entendu, il te répondra. » (Is. 30,19). Que Marie, Notre Dame d’Afrique, intercède pour nous tous puisque nous mettons notre confiance en Jésus-Christ notre Sauveur. Amen

Fait à Ouagadougou, le 19 Mai 2019.

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